Ouvrez un cornalin avec une viande rouge, un gibier ou un plat mijoté : ce rouge sombre sent la cerise noire et les épices, avec des tanins serrés et une légère amertume en finale. Ce vieux cépage ne pousse pratiquement qu'en Valais. Sur Helvitic, vous l'achèterez directement aux caves valaisannes ; les commandes ouvrent bientôt.
Cornalin du Valais
L'ancien « rouge du pays », sauvé de justesse

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Quel goût a le cornalin ?
Attendez-vous à une robe rouge sombre aux reflets violets, puis à des arômes de cerise noire, de violette, de framboise et d'épices comme le clou de girofle. Swiss Wine Promotion, l'organisation qui fait la promotion des vins suisses, décrit des tanins denses et soyeux et une agréable pointe d'amertume en finale.
Les tanins sont les substances des peaux et des pépins qui assèchent un peu la bouche. Dans un cornalin jeune, ils sont fermes ; ils s'assouplissent avec les années, selon Swiss Wine Valais, l'organisation des vins du Valais. Jeune, le vin reste fruité et vif ; avec l'âge, il gagne en finesse.
Pourquoi l'appelle-t-on aussi « rouge du pays » ?
Parce que c'était son nom. Selon Swiss Wine Promotion, ce vieux cépage valaisan s'appelait traditionnellement rouge du pays. Il n'a été rebaptisé cornalin qu'en 1972, en empruntant le nom d'un cépage du Val d'Aoste. En allemand, on le trouve aussi sous le nom de Landroter, que reprend la statistique fédérale.
Ses racines sont anciennes. C'est le premier cépage cité dans un document valaisan, le registre d'Anniviers, daté du 20 janvier 1313. Les analyses ADN ont montré qu'il est né d'un croisement naturel entre deux cépages du Val d'Aoste, le petit rouge et le mayolet. Il serait arrivé en Valais par le col du Grand-Saint-Bernard, avant de disparaître de sa vallée d'origine.
Il a failli disparaître aussi en Valais. Capricieux, mûrissant tard, avec des rendements irréguliers, il était presque abandonné au milieu du XXe siècle. Une poignée de vignerons l'a relancé dans les années 1970. Swiss Wine Valais le présente aujourd'hui comme le plus ancien et emblématique rouge du canton.
Cornalin ou humagne rouge : quelle différence ?
Ce sont deux cépages différents, mais de la même famille. L'humagne rouge, arrivée en Valais à la fin du XIXe siècle, a été identifiée en 1999 comme le cornalin d'Aoste. Or ce cornalin d'Aoste descend du cornalin du Valais, croisé avec un cépage inconnu, selon Swiss Wine Promotion. Le cornalin valaisan est donc un parent de l'humagne rouge.
D'où la confusion des noms : le cornalin du Valais n'est pas le cornalin d'Aoste. Au verre, l'humagne rouge tire davantage vers le sous-bois, l'écorce et la violette, selon Swiss Wine Valais. Elle a sa propre page sur Helvitic.
Avec quoi servir un cornalin ?
Servez-le avec une viande rouge grillée ou un gibier, sanglier, cerf ou chevreuil : sa force tannique et ses arômes de fruits noirs et d'épices tiennent face à ces goûts intenses, selon Swiss Wine Valais. Les plats mijotés et braisés, comme un bœuf bourguignon, lui vont aussi.
Swiss Wine Promotion propose des accords plus simples : agneau, porc grillé, poulet rôti, pâtes à la sauce tomate, plats un peu relevés, et même un dessert à la cerise ou au chocolat. Pour une fondue chinoise ou bourguignonne, notre article le compare au pinot noir et à l'humagne rouge.
Comment le servir, et combien de temps le garder ?
Servez-le entre 16 et 18 °C, la plage que Swiss Wine Valais donne pour un rouge corsé. Il se sert un peu moins frais qu'un pinot noir, car il a plus de structure.
La garde dépend du style. Les cornalins élevés en barrique, un petit fût de chêne, peuvent se garder dix ans ou plus, selon Swiss Wine Valais ; ils gagnent en rondeur et en profondeur. Les versions plus légères, élevées en cuve inox, se boivent dans les cinq ans pour profiter de leur fruit.
Le cépage a même sa fête : le Temps du Cornalin a célébré sa 20e édition en septembre 2026.
Surfaces plantées en Suisse
Cornalin : chiffres officiels 2025
- Surface en Suisse
- 166,5 ha
- Part du vignoble suisse
- 1,2 %
- Rang parmi les cépages rouges
- 7e sur 172

L’essentiel
- Rouge sombre : cerise noire, violette, épices, tanins denses, finale un peu amère.
- Anciennement « rouge du pays », rebaptisé cornalin en 1972 ; cité en Valais dès 1313.
- Sauvé de la disparition dans les années 1970 ; presque uniquement en Valais.
- Parent de l'humagne rouge, mais différent du cornalin d'Aoste.
- Avec la viande rouge, le gibier, les plats mijotés ; entre 16 et 18 °C.
- Sur Helvitic, les commandes ouvrent bientôt, directement auprès des caves valaisannes.
Questions fréquentes : cornalin
Le cornalin est-il un cépage suisse ?
Il est valaisan depuis au moins 1313, mais ses parents viennent du Val d'Aoste voisin, en Italie. Comme il a disparu de cette vallée, il n'est plus cultivé pratiquement qu'en Valais, qui porte la quasi-totalité des surfaces selon l'OFAG.
Le cornalin est-il un vin puissant ?
Plutôt, oui : il a des tanins denses et une bonne structure. Les versions élevées en cuve inox restent toutefois fruitées et se boivent volontiers jeunes ; celles élevées en barrique demandent quelques années de cave.
Pourquoi le cornalin est-il rare ?
Parce qu'il est difficile à cultiver, avec une maturité tardive et des rendements variables, et qu'il ne pousse presque qu'en Valais. Selon l'Office fédéral de l'agriculture (OFAG), c'est le septième cépage rouge de Suisse.
Sources
- Office fédéral de l'agriculture (OFAG), «L’anno viticolo 2025», Statistiche vitivinicole, état novembre 2025 (PDF)
- Swiss Wine Promotion, fiche cépage Cornalin (rouge du pays, 1972, ADN, années 1970, accords), consulté le 21 octobre 2026
- Swiss Wine Promotion, fiche cépage Humagne Rouge (identifiée en 1999 comme cornalin d'Aoste), consulté le 21 octobre 2026
- Swiss Wine Valais, Cornalin (goût, histoire, Temps du Cornalin), consulté le 21 octobre 2026
- Swiss Wine Valais, Le Cornalin (garde, accords mets et vins), consulté le 21 octobre 2026
- Swiss Wine Valais, Humagne Rouge (profil aromatique), consulté le 21 octobre 2026
- Swiss Wine Valais, températures de service, consulté le 21 octobre 2026
- Wikipédia (fr), Cornalin : registre d'Anniviers, 20 janvier 1313, consulté le 21 octobre 2026


